Les sursauts radio rapides également connus sous le nom de FRB pour Fast Radio Burst, constituent une énigme pour les astronomes.

Les origines de ces éclairs lumineux brillants de quelques millisecondes sont encore méconnues car les rafales, ou FRB, sont imprévisibles et disparaissent rapidement. 

L’une des plus mystérieuses rafales est le FRB 121102, découvert en 2012. Ce signal se répète, mais ils suit aussi un schéma cyclique bien précis d’une durée de 157 jours.

Plus précisément, le signal FRB 121102 est observé dans un laps de temps de 90 jours environ, puis un silence s’ensuit pendant 67 jours.

Comment interpréter cette observation ? Peut-on envisager l’idée que ces signaux soient le résultat d’une quelconque technologie d’origine extraterrestre ?

La plupart des scientifiques rejettent catégoriquement cette hypothèse et préfèrent se concentrer sur des théories faisant appel à un phénomène naturel.

Pourtant, rien n’est en mesure d’écarter l’idée que les sursauts radio rapides témoignent de l’activité d’une autre civilisation.

Dans un article publié sur arXiv.org intitulé « Fast Radio Bursts from Extragalactic Light Sails« , l’éminent physicien et cosmologiste Avi Loeb et son coauteur Manasvi Lingam suggèrent que les FRB pourraient être des faisceaux artificiels utilisés pour piloter des voiles de lumière.

 « Notre analyse montre que les faisceaux utilisés pour propulser les grandes voiles légères pourraient donner des paramètres cohérents avec les FRB ».

les sursauts radio rapides pourraient propulser des voiles solaires.
Illustration voile solaire

Si cette théorie vous semble familière, c’est peut-être parce que notre civilisation travaille actuellement sur une idée similaire (bien qu’à une échelle beaucoup plus petite). Il s’agit du projet Breakthrough Starshot, financé par un investissement de 100 millions de dollars de la part de l’entrepreneur russe Yuri Milner.

Ce projet vise à envoyer de minuscules sondes spatiales vers notre système stellaire le plus proche à un cinquième de la vitesse de la lumière, en utilisant des voiles lumineuses propulsées par des lasers terrestres.

projet Breakthrough Starshot

Si nous étudions actuellement la propulsion photonique, pourquoi n’existerait-il pas une technologie extraterrestre semblable ?

« La fréquence optimale pour alimenter la voile légère est similaire aux fréquences FRB détectées. Ces « coïncidences » prêtent une certaine crédibilité à la possibilité que les FRB soient d’origine artificielle. » (source: Arxiv.org)

Les sursauts radio rapides, une technologie primitive pour une civilisation avancée ?

Propulser des sondes par voile solaires constituerait une prouesse technologique pour notre civilisation. Un tel système permettrait à une mission de survol d’atteindre Alpha Centauri dans un peu plus de 20 ans à compter du lancement.

Mais peut-on envisager qu’une civilisation extraterrestre utilise les sursauts radio rapides pour diriger une voile solaire ?

Une telle technologie n’a rien de semblable avec les prouesses techniques qu’ont été observé par les pilotes civils ou de l’Us Air Force lors de leurs interactions avec les ovnis.

Les capacités aérodynamiques observées à plusieurs reprises par des radars, mais également par des pilotes de l’armée, laissent entendre que les ovnis sont une technologie dépassant notre compréhension. Le phénomène ovni a depuis toujours défié le matériel militaire le plus sophistiqué de l’humanité.

Or, si l’on attribue le phénomène ovni à une technologie extraterrestre, pourquoi utiliser des voiles solaires ?

Si nous prenons en compte l’échelle de Kardashev, qui groupe les civilisations avancées en 3 catégories principales selon le montant énergétique qu’elles utilisent. Cela, sous-entend qu’il existe également différents niveaux de technologie extraterrestre.

Carl Sagan a créé une formule pour cette échelle qui nous positionne au Type 0,75. On peut envisager que l’utilisation de voiles solaires propulsés par des ondes, pourrait être une technologie pour une civilisation proche du type 1. Alors que le phénomène ovni pourrait appartenir à une civilisation bien plus avancée.

Au final, les sursauts radio rapides que nous captons régulièrement, pourraient constituer une technologie extraterrestre appartenant à d’autres civilisations n’ayant qu’une légère avance sur la notre.

La rencontre avec une technologie extraterrestre ?

Souvenez-vous d’Oumuamua, cet objet avait pénétré notre système solaire en parfait inconnu, mais il en était ressorti avec un nom en laissant derrière lui une foule de questions pour notre civilisation.

Les médias ont qualifié ‘Oumuamua de « bizarre », « mystérieux », « étrange ». Mais par rapport à quoi ? En fait, cet éclaireur était bizarre, mystérieux, étrange lorsqu’on le comparait à tous les astéroïdes et comètes découverts jusqu’alors.

Quoi que l’on finisse par conclure au sujet de ‘Oumuamua, force est de constater qu’il a été, et demeure, une anomalie en soi.

A Loeb

En effet, la déviation qu’il avait subie par rapport à sa trajectoire théorique et toutes ses autres singularités ont conduit Avi Loeb à se demander si « Oumuamua aurait-il pu être un moteur artificiel ? »

Oumuamua une technologie extraterrestre
Vue d’artiste de ‘Oumuamua sous la forme d’une photovoile (à gauche) à côté de
la représentation conventionnelle de l’objet sous la forme d’un rocher allongé en forme de
cigare (à droite). (Crédit : Mark Garlick pour Tähdet ja avaruus/Science Photo Library.

Grâce à ses travaux antérieurs sur les photovoiles dans le cadre du projet Starshot, le professeur Avi Loeb connait bien le potentiel et les contraintes d’une telle technologie dans l’optique d’un voyage interstellaire.

Mais selon le scientifique, Oumuamua possède toutes les caractéristiques que pourrait contenir une une voile solaire.

« Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est forcément la vérité. » D’où notre hypothèse que Oumuamua avait été créé par une civilisation extraterrestre.

A Loeb.

La majorité de la communauté scientifique n’est pas à l’aise avec l’hypothèse d’une sonde artificielle. Et pour cause, le fait d’admettre que nous ne l’avons pas construite nous-mêmes, c’est admettre qu’une autre civilisation l’a fait.

Il en est de même avec les sursauts radio rapides, émettre l’idée qu’ils soient le signe d’une technologie extraterrestre, revient à affirmer qu’il existe d’autres êtres intelligents dans l’univers.

Pourtant, nous vivons une sorte de deuxième révolution cosmologique engendrée par la découverte d’exoplanètes. Pour la première fois, les mondes sur lesquels on fantasmait depuis des siècles sont observés. Il y a maintenant une nouvelle modalité pour penser la possibilité de la vie extraterrestre.

On spécule depuis de nombreuses années, sur l’absence de preuves concernant l’existence de civilisations avancées.

Cependant, toutes les anomalies, que ce soit le signal « wow » capté en 1977, les ovnis, ou encore les sursauts radio rapides, pour lesquels nous n’avons pas d’explications, sont toujours perçues comme des phénomènes naturels malgré l’absence d’indices allant dans ce sens.

Peut-être que les futures observations sur les sursauts radio rapides, seront en mesure d’affirmer ou de démentir la théorie défendue par l’ancien directeur du département d’astronomie de Harvard A. Loeb.

Car depuis 2018, la recherche sur les sursauts radio rapides progresse depuis l’arrivée du nouveau télescope CHIME.

Cartographier l’origine des sursauts radio rapides.

Les scientifiques ont observés les sursauts radio rapides pour la première fois en 2007. Au cours de la décennie suivante, ils n’ont observé qu’environ 140 sursauts à travers l’univers.

« Le problème avec les FRB, c’est qu’ils sont vraiment difficiles à attraper, vous devez avoir votre radiotélescope pointé juste au bon endroit au bon moment et vous ne pouvez pas prédire où ni quand ce sera. »

Kiyoshi Masui, professeur adjoint de physique au MIT et membre de l’Institut Kavli d’astrophysique et de recherche spatiale de l’université.

La plupart des radiotélescopes ne voient qu’une partie du ciel de la taille de la lune à un moment donné, ce qui signifie que la grande majorité des FRB ne sont pas visibles.

Tout a changé lorsque le télescope CHIME, situé au Dominion Radio Astrophysical Observatory en Colombie-Britannique, au Canada, a commencé à recevoir des signaux radio en 2018 au cours de sa première année de fonctionnement.

Le radiotélescope stationnaire, appelé Canadian Hydrogen Intensity Mapping Experiment, a détecté 535 nouveaux sursauts radio rapides entre 2018 et 2019.

Cela a permis aux scientifiques de créer le catalogue CHIME des sursauts radio rapides , qui a été présenté récemment lors de la 238e réunion de l’American Astronomical Society .

Non seulement le catalogue s’étend sur le nombre connu de rafales radio rapides, mais il élargit également les informations disponibles sur leurs emplacements et leurs propriétés. 

origine sursauts radio rapides (FRB)
origine sursauts radio rapides (FRB)

Ces observations nous apprennent que la plupart des sursauts radio rapides sont des phénomènes uniques. Cependant, 61 de ces sursauts radio rapides étaient des répétitions provenant de 18 sources différentes. Les rafales répétées apparaissent différemment, car chaque flash dure un peu plus longtemps que les rafales simples.

Lorsqu’une rafale se répète, les scientifiques ont de bien meilleures chances de retracer le signal jusqu’à son point d’origine. 

La plupart de ces sursauts radio lumineux détectés par CHIME ont voyagé depuis des galaxies lointaines et ont probablement été créés par des sources incroyablement énergétiques.

Cependant, les chercheurs tentent toujours de déterminer la nature exacte de ces signaux.

Mais, si la théorie d’Avi Loeb était vraie, cette carte retraçant l’origine des signaux, deviendrait une carte montrant l’emplacement de toutes les civilisations extraterrestres utilisant cette technologie. La fin du paradoxe de Fermi ?

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