Science et croyance, voilà deux termes qui à première vue semblent incompatibles. Lorsque les croyants et les non-croyants discutent ou sont témoins d’un événement allant à l’encontre du bon sens, ils ne trouvent tout simplement pas ou peu de terrain d’entente.

Ces attitudes totalement différentes représentent des visions du monde radicalement différentes.

Et pourtant, étonnamment, certaines propositions récentes en physique révèlent que les croyants et les non-croyants peuvent avoir plus en commun qu’ils ne le pensent.

Et pour cause, ces dernières années, en examinant la nature profonde de la réalité, les scientifiques ont fait des découvertes étonnantes.

Dans cet article, nous allons nous intéresser à ces nombres précis qui gouvernent notre réalité physique. Nous avons pour habitude de considérer l’univers comme s’il était uniquement fait de matière et d’énergie. Seulement, cette énergie et cette matière semblent dépendre d’une architecture mathématique qui leur est antérieure.

C’est comme si la physique n’était rien de plus que la matérialisation des mathématiques, et les conséquences philosophiques de ce constat, obligent les scientifiques à se cacher derrière des hypothèses non-scientifiques.

Le réglage fin de l’univers, la science aux portes de la métaphysique.

Tout a commencé dans les années 1960, les scientifiques ont remarqué pour la première fois ce que l’on appelle le «problème du réglage fin de l’univers»

Le problème du réglage fin de l’univers repose sur la valeur numérique de nombreuses constantes fondamentales de la nature. Or, ces constantes possèdent les valeurs exactes pour l’apparition de la vie.

À l’image de la force de gravitation; si elle était plus puissante, elle serait capable d’accumuler plus de gaz lors la formation stellaire et seules des étoiles massives se formeraient. Or, elles ont une durée de vie beaucoup plus courte que notre soleil.

Si l’interaction électromagnétique était plus forte, les liens entre noyaux et électrons à l’intérieur des atomes seraient plus solides et plus difficiles à défaire. Or, c’est en partageant certain de leurs électrons que les atomes créent des liaisons chimiques et s’organisent en molécules.

La force contenue dans les noyaux des atomes doit se situer dans une fourchette étroite, pour que la vie puisse surgir dans notre univers.

Ces valeurs sont indispensables, non pas pour une vie semblable à la vie sur Terre ; mais pour tout type de vie.

Autre exemple, si la force de la force nucléaire avait été juste un peu plus grande, tout l’hydrogène de l’univers primordial aurait fondu pour former de l’hélium. Sans hydrogène restant, il n’y aurait pas d’eau.

Prenez le nombre 939,5653 Mev. Ce nombre correspond à la masse d’un neutron en mégaélectron-volt.

Si le neutron pesait une fraction de moins, ne serait-ce que 939 Mev, il se désintégrerait plus lentement, ce qui aurait détruit l’équilibre infinitésimal des particules lors du Big Bang.

Par conséquent, les étoiles exploseraient rapidement, ne laissant pas le temps nécessaire à la vie de faire son apparition.

Si au contraire, le neutron pesait une fraction de plus, par exemple 940 Mev. Il se désintègrerait trop vite, et la matière telle que nous la connaissons, n’existerait pas.

Mais ces exemples ne sont qu’une infime partie des nombreuses constantes que le réglage fin de l’univers peut nous offrir.

L’apparition des super-ordinateurs a permis à l’astrophysique de modéliser le développement de l’univers, puis de modifier ces constantes unes à une ou en même temps afin de simuler de nouveaux univers.

Le résultat est, qu’il suffit que l’une de ces innombrables constantes soit légèrement différente et l’univers n’aurait pas pu abriter la vie.

C’est comme si l’univers avait été spécifiquement conçu pour générer la vie, ce qui revoit à une intentionnalité transcendante.

Le réglage fin de l’univers Hasard ou intention ?

Le problème du réglage fin de l’univers soulève des questions auxquels les physiciens n’osent pas s’aventurer.

L’univers a-t-il été conçu spécifiquement pour abriter la vie ? Ou toutes ces valeurs ne sont qu’un pur hasard ?

Faisons une comparaison et imaginez que vous alliez dans un casino, et qu’au premier jeu vous gagnez le jackpot. Vous seriez considéré comme chanceux.

Puis, imaginez qu’au jeu suivant vous gagnez une deuxième fois le jackpot ; vous seriez dotés d’une chance absolument incroyable.

Maintenant, imaginez que vous remportiez le jackpot une troisième fois sur un troisième jeu. Vous seriez expulsé du casino, car personne ne peut remporter le jackpot trois fois d’affilée par hasard.

Personne n’a autant de chance, ou alors, c’est parce que vous trichez. Autrement dit, il y aurait une intention derrière le hasard.

Il en est de même pour l’apparition de la vie, qui se trouve être une succession d’innombrables jackpots cosmiques, soulevant là aussi, la question de l’intention derrière le hasard.

Finalement, le réglage fin de l’univers nous montre avant tout, que notre réalité physique repose sur une architecture mathématique. (Voir nos articles: théorie de l’univers holographique ou pourrions-nous vivre dans une immense simulation informatique sophistiquée ? )

Si l’on prend la plus célèbres des constantes Pi, elle est une valeur fondamentale dans la création de l’univers. Pi était présent dans la genèse de l’univers.

Aux tout premiers instants du Big Bang Pi était là, avec sa valeur infinie, mais prédéterminée. Mais qui, ou qu’est ce qui a déterminé la valeur de Pi ?

Platon décrivait que derrière notre réalité, il y a un monde fantasmagorique, un monde de concept qu’il appelait « le monde des idées ». Les mathématiques appartiennent-elles à ce monde ?

Trouver des réponses à l’ajustement fin de l’univers.

Le réglage fin de l’univers possède deux interprétations. L’une offerte par les croyants et l’autre par les non-croyants.

Les croyants donnent l’argument de la conception intelligente, que l’univers a été conçu par « Dieu », qui voulait que l’univers abrite la vie.

La majorité des scientifiques ne sont pas à l’aise avec cet argument parce qu’il invoque une cause non sujette à une analyse rationnelle.

Pour expliquer le « réglage fin de l’univers » les scientifiques préfèrent faire appel au « multivers ».

Selon cette théorie, il n’y a pas un seul univers, mais des milliards et des milliards.

Chaque univers possède ses lois et ses constantes propres, avec des valeurs variant d’un cas à l’autre. Selon ce consensus scientifique, il est statistiquement inévitable que certains univers aient la bonne formule pour créer la vie.

Selon cette explication, notre univers n’est qu’un accident, un lancer aléatoire des dés.

La théorie du multivers est-elle scientifique ?

Bien que l’hypothèse du multivers soit défendue par de nombreux scientifiques, cette hypothèse n’est pas de la science, c’est une supposition fondée sur la croyance qu’il ne peut y avoir d’intention dans l’univers.

La théorie du multivers n’a pas été conçue parce qu’on a des signes de l’existence de milliards d’univers, mais comme un subterfuge pour écarter l’idée qu’il y ait une intention derrière l’incroyable précision et le réglage fin de l’univers.

En 1934, le grand philosophe des sciences Karl Popper a introduit le concept de falsifiabilité en déterminant les limites de la science.

Popper a fait valoir que si une proposition, une croyance ou une théorie ne pouvait pas être testée, et donc potentiellement fausse, elle ne relevait pas du domaine de ce que nous appelons la science. Philosophie ou religion ou mythologie, peut-être, mais pas science.

Ce qui nous ramène à la proposition du multivers. Est-ce de la science? Les nombreux physiciens qui approuvent l’idée du multivers pensent-ils comme des scientifiques?

Nous sommes donc arrivés à un paradoxe: l’engagement pour une vision totalement scientifique du monde a conduit à des théories qui peuvent être non scientifiques, selon la définition de Popper.

La science est-elle devenue croyante ?

Au final, la vérité gênante concernant ces deux explications au problème du réglage fin – la conception intelligente, d’une part, et l’existence d’un multivers, d’autre part – est que ni l’une ni l’autre ne peut être prouvée.

Les deux doivent être considérés comme une question de foi par leurs partisans respectifs.

Mais la réalité est comme elle est, pas comme nous l’imaginons ou voulons qu’elle soit.

Si l’observation de la réalité, et en particulier de ses lois physique, nous montre que l’univers et précisément prévu pour la vie et, qu’il est très improbable que cette précision soit due au hasard, nous devons l’accepter ; et même si cela va à l’encontre de nos convictions les plus profondes.

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