Depuis des siècles, les cultures monolithiques exercent une véritable fascination. Ces imposantes pierres érigées par nos ancêtres se retrouvent partout dans le monde, de l’Europe à l’Asie, en passant par l’Afrique et jusqu’aux Amériques. L’histoire entourant ces mégalithes manque cruellement de sources, mais n’en reste pas moins fascinante.
Avant de nous lancer dans l’exploration des plus grands monolithes et mégalithes du monde, prenons un moment pour comprendre ce que signifie réellement « monolithe ». Le terme lui-même vient du grec « monos », signifiant « seul », et « lithos », pour « pierre ». Un monolithe, se réfère spécifiquement à une seule pierre massive, généralement taillée ou sculptée, qui se dresse seule ou qui est utilisée comme partie d’une structure plus grande.
Un mégalithe est une structure constituée d’une seule grande pierre ou de plusieurs pierres massives, souvent utilisées pour des monuments funéraires, des sites cérémoniels ou des constructions rituelles érigées sans mortier ni ciment pour fixer la structure.
Dans la présentation de ces sites, j’ai choisi de les organiser par ordre croissant, basé sur leur poids.
Il convient de noter que le poids estimé de ces monolithes et mégalithes peut varier d’une étude à l’autre, étant donné que nous ne sommes plus à quelques kilogrammes près. De plus, il est important de noter que tous les plus grands sites ne sont pas nécessairement tous mentionnés, étant donné le grand nombre d’architectures cyclopéennes.
Site mégalithique de Stonehenge : Heel Stone 30 tonnes
Stonehenge est l’un des sites préhistoriques les plus célèbres et mystérieux au monde, situé dans la plaine de Salisbury, dans le comté de Wiltshire, en Angleterre. Il se compose d’un ensemble de mégalithes disposés en cercles concentriques, avec des pierres dressées et des pierres horizontales, datant d’environ 2500 à 3000 avant J.-C.
Poids et transport des pierres mégalithiques de Stonehenge
Le monument principal de Stonehenge se compose de grandes pierres dressées, appelées sarsens, qui atteignent jusqu’à 9 mètres de hauteur et pèsent jusqu’à 25 tonnes. La plus grande pierre de Stonehenge se nomme la Heel Stone, elle se trouve à l’extérieur du cercle, dans l’axe de l’avenue et pèse environ 30 tonnes.
La plupart des pierres sarsen de Stonehenge sont présumées provenir de West Woods, situé à environ 25 kilomètres du site. Mais récemment, des fragments spécifiques de sarsen provenant de sources beaucoup plus éloignées ont été découverts, notamment de East Sussex, situé à une distance de 123 kilomètres. ( Science & Vie )
Face à cette distance monumentale, la question de comment les pierres de Stonehenge ont été transportées durant le Néolithique reste un débat animé parmi les chercheurs. Les théories varient, incluant l’utilisation de cordes, de bovins, de traîneaux, et bien sûr, de la force humaine brute.
Je fait une parenthèse l’hypothèse de Steven Tasker concernant l’utilisation d’une machine antique. Selon son prototype, cette machine aurait été capable de soulever d’énormes poids.
Cependant cette idée n’a pas reçu le soutien des archéologues, et aucune preuve n’a été trouvée pour étayer l’idée que les populations du Néolithique possédaient les connaissances requises pour construire une machine capable de transporter de telles pierres.
Rudston le plus gros monolithe d’Angleterre 40 tonnes
Le monolithe de Rudston est un impressionnant monument mégalithique situé dans le village de Rudston, dans le comté de Yorkshire de l’Est, en Angleterre. Il s’agit du plus grand monolithe dressé en Grande-Bretagne, mesurant environ 7,6 mètres de hauteur, 2,7 mètres de largeur et 0,6 mètre d’épaisseur à sa base.
Ce monolithe, constitué de grès local, a été érigé il y a des milliers d’années, probablement pendant l’âge du bronze voir même avant.
Les fouilles menées par William Stukeley autour des années 1720 ont mis au jour de nombreux crânes, suggérant une possible origine sacrificielle. Il a proposé l’idée que les dimensions du monolithe enfoui dans le sol pourraient être aussi imposantes que celles visibles à l’extérieur.
Poids et transport de monolithe de Rudstone
Le monolithe de Rudston, impressionnant par sa masse estimée à 40 tonnes, trouve ses origines possibles à Cayton ou Cornelian Bay, à quelque 16 kilomètres au nord. Une théorie fascinante suggère que ce géant de pierre aurait pu être déposé sur son site actuel par des mouvements glaciaires, sous forme d’erratiques glaciaires.
Parallèlement, d’autres hypothèses envisagent un acheminement par voie fluviale pour acheminer ce colosse jusqu’à son emplacement final.
Statues Moaï, île de pâques 80 tonnes
Laissons derrière nous les plus impressionnants sites mégalithiques d’Angleterre pour nous envoler vers le Pacifique, où nous attendent les statues Moai de l’île de Pâques. Sur cette île isolée, les défis de construction prennent une nouvelle dimension avec l’imposant Moai connu sous la nom de Te Tokanga. Mesurant environ 22 mètres de long et pesant près de 250 tonnes, cette statue exceptionnelle n’a jamais quitté sa carrière d’origine et repose sur les flancs du volcan Rano-Raraku.
Mais concentrons-nous sur l’un des plus grands moai jamais dressés, transportés et installés par l’homme sur un ahu (plateforme en pierre). Ce moai, nommé Paro, atteint une hauteur d’environ 10 mètres pour un poids impressionnant de 80 tonnes.
Malheureusement, ce Moaï gît aujourd’hui sur le sol en morceaux. Certains experts pensent que le moaï Paro a été renversé pendant une tentative de transport depuis la carrière où il a été sculpté jusqu’à son site d’érection. D’autres suggèrent que des conflits internes ou des catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre, pourraient avoir causé sa chute.
Poids et transport des Moaï de l’île de Pâques
Dans les années 1950, Thor Heyerdahl un anthropologue, archéologue et navigateur norvégien et une équipe de six personnes entreprirent de sculpter un moaï en utilisant des outils traditionnels de l’époque. Bien qu’ils aient interrompu le travail avant d’avoir achevé l’excavation de leur statue, Heyerdahl estima qu’il faudrait environ 12 à 15 mois pour extraire un moaï de taille moyenne.
Mais au-delà de la confection, le transport des ces énormes statues de pierre reste un sujet controversé.
Parmi les théories proposées, la marche des statues suggère que les moaï étaient déplacées en position verticale, en se balançant d’un côté à l’autre grâce à l’usage astucieux de cordes. Cette idée vient d’une expérience menée par Terry Hunt et Carl Lipo, deux anthropologues américains qui ont reussi à appliquer cette méthode sur la reconstitution d’un Moaï de 5 tonne et de 3 mètres de haut.
Capture d’écran video Youtube : Scientists Make Easter Island Statue Walk | National Geographic
Une autre théorie a été proposée par Jo Anne Van Tilburg, une archéologue américaine reconnue pour son travail à l’île de Pâques. Cette archéologue à menée des expérimentations sur le transport de Moaï. Lors de ces essais, les statues ont été déplacées à l’aide de traîneaux en bois, liés par des cordes et posés sur des rails improvisés à partir de pirogues, eux-mêmes constitués de rondins de bois stabilisés par des traverses. Ces tests ont démontré qu’un groupe de 50 à 70 personnes, travaillant de manière coordonnée pour tirer le traîneau, pouvait déplacer un moaï d’environ 12 tonnes sur une distance de 14,5 km en moins d’une semaine, en supposant un effort quotidien de 5 heures.
Il est crucial de souligner que les expériences menées impliquaient des Moaï pesant 5 et 12 tonnes. Concernant l’expérience de la « marche » des Moaï, il est à noter que la reconstitution du Moaï de 5 tonnes était en béton, un matériau nettement plus résistant que la pierre originelle. Cette différence est importante car la pierre d’origine pourrait se montrer plus fragile face aux contraintes induites par cette méthode de déplacement.
Selon la tradition orale de l’île de Pâques, certaines statues auraient été déplacées par des moyens surnaturels, obéissant à l’ordre de marcher donné par des êtres puissants.
La stèle d’Axoum 160 tonnes
La grande stèle d’Axoum, également connue sous le nom d’Obélisque d’Axoum, fait partie d’un ensemble de stèles dans l’ancienne ville d’Axoum en Éthiopie.
La plus grande stelle d’Axoum CC2.0 Stuart Munro-Hay 1998
Avant de poursuivre, on va aborder l’histoire intéréssante d’une de ces stèles qui a été dérobée par les soldats italiens durant la seconde guerre mondiale. Cette histoire met en lumière les défis liés au transport de cet énorme monolithe, même fragmentée, et ce malgré l’utilisation de véhicules motorisés.
Tout commence en 1937 quand les hommes de Mussolini ont envahit l’Éthiopie. Les soldats découvrirent un des obélisques enfoui, scindé en cinq parties. Saisissant cette opportunité, le régime fasciste décida de rapatrier cette stèle à Rome, la considérant comme un trophée symbolique de la nation vaincue.
Cependant, pour atteindre le port de Massoua, distant de 200 km, l’architecte chargé de cette mission se retrouva confronté à un défi logistique de taille.
Équipés d’engins à chenilles, les soldats ont tout mis en œuvre pour charger les morceaux du monolithe sur des remorques, qui pliaient sous le poids considérable des fragments d’obélisque.
En fin de compte, les hommes de Mussolini ont opté pour une méthode traditionnelle en faisant glisser les morceaux de l’obélisque sur des rondins de bois lubrifiés avec du savon, tout en les tractant avec leurs véhicules motorisés. Pour manœuvrer et ralentir le chargement lors des descentes, ils ont utilisé six énormes tracteurs, alternativement placés devant et derrière le convoi. L’incroyable périple du monolithe jusqu’au port a duré un peu plus de deux mois.
L’image de gauche montre un soldat italien devant l’obelisque en ruine, on peut observer une autre stèle érigé en arrière plan – Haut droite morceau de stèle découvert semi enfoui – Milieu première section de la stèle à Naples – Bas cinquième partie de l’obélisque en gare d’Ostiense. Images rerumromanarum.com
Après de longues négociations politiques, l’obélisque a finalement été rendu à sa patrie en 2005.
Poids et transport de la stèle d’Axoum au IVè siècle
Retournons aux origines de l’obélisque qui remonte au du IVe siècle bien avant l’apparition de puissants tracteurs utilisés par les hommes de Mussolini.
Les carrières d’où étaient extraites ces imposantes stèles se trouvaient à environ 4 kilomètres du lieu où elles étaient finalement dressées.
Les techniques précises de leur transport restent un mystère, mais la découverte genévriers géants à proximité laisse entendre qu’ils auraient pu servir de rouleaux pour le déplacement du monolithe.
Pour l’installation des stèles à Axoum, bien que nous manquions de témoignages directs, il est probable que les méthodes utilisées aient été similaires à celles en vigueur en Égypte. Le royaume d’Aksoum était un pivot central du commerce entre l’Empire romain et l’Inde ancienne, ce qui lui donnait accès aux connaissances nécessaires pour l’érection des stèles. Le processus d’extraction, de transport et d’érection d’un obélisque est documenté, notamment par des inscriptions sur le piédestal de marbre de l’obélisque de Théodose remis debout à Constantinople en 390.
Détail du transport de l’obélisque, avec traîneau et cabestan. CC BY-SA 4.0 Andor Elekes Derzsi
Cependant, aucune mention spécifique n’est faite sur la manière exacte dont l’obélisque était élevé sur sa base. Les écrits égyptiens anciens restent discrets sur cette phase cruciale, mais les découvertes archéologiques montrent que la base de l’obélisque était d’abord disposé au-dessus d’un trou. Le sable était ensuite retiré progressivement, permettant ainsi au monument de s’élever verticalement, avec l’aide de travailleurs utilisant des cordes pour diriger le monolithe lors de sa montée.
L’histoire raconte que l’obélisque d’Axoum s’est effondré autour de l’an 600, conséquence des agissements de pillards qui auraient creusé un tunnel sous le monument, compromettant ainsi la stabilité de son socle. C’est ainsi que les hommes de Mussolini auraient retrouvé l’obélisque, fragmenté en plusieurs morceaux. ( Source : Bertrand Poissonier Palethnologie de l’Afrique )
Le Monolithe de Coatlinchán : Un géant Aztèque de 160 tonnes
Le Monolithe de Coatlinchán est une remarquable sculpture mésoaméricaine, située dans la localité de San Miguel Coatlinchán, au Mexique. Cette œuvre d’art précolombienne est également connue sous le nom de « Tláloc de Coatlinchán » en raison de sa représentation du dieu de la pluie et de l’eau, Tláloc, dans la mythologie aztèque.
L’énorme monolithe est sculpté dans une seule pièce de basalte, il mesure environ 4,4 mètres de hauteur et pèse plus de 160 tonnes, ce qui en fait l’une des plus grandes sculptures monolithiques de Mésoamérique.
Cependant, il a été abandonnée dans une carrière de la localité du même nom, 20-25 km au sud de Teotihuacan. Le 16 avril 1964 le monolithe a été transporté depuis San Miguel de Coatlinchán à Mexico.
Le géant de pierre français : Le grand menhir brisé d’Er Grah entre 270 et 330 tonnes
Ce gigantesque monolithe élevé durant le Néolithique au Ve millénaire av. J.-C., repose aujourd’hui en plusieurs fragments. Selon les habitants de la région, personne n’a jamais vu la pierre dans sa position originelle, debout. L’ingénieur français Francis Bougis propose une hypothèse selon laquelle des séismes locaux auraient initialement incliné le monolithe avant de le renverser, un événement qui aurait pu se produire vers la fin du Néolithique.
Poids et transport du grand menhir brisé d’Er Grah
Avec une hauteur de 20 mètres, une largeur de 3 mètres, et un poids de 300 tonnes, le Grand Menhir est un monolithe extraordinaire, provenant de carrières situées sur la région de Vannes et du pays de Rhuys soit entre 10 et 20 km de son emplacement d’origine à Locmariaquer. Pour le transport de ce géant avec les moyens disponibles à l’époque, deux hypothèses principales sont envisagées :
- Le trajet terrestre : Cette méthode supposerait l’utilisation de rouleaux en rondins placés sous la pierre, elle-même reposant sur une sorte de « berceau », et se déplaçant sur des « rails » en bois. Cette technique nécessiterait la mobilisation de plus de 4000 personnes pour manœuvrer le monolithe.
- Le recours au flottage : Une autre option serait l’utilisation d’un immense radeau, assisté par des pirogues, pour transporter le monolithe à travers des chenaux déjà existants à l’époque du Néolithique et qui forment actuellement le golfe du Morbihan. Cette méthode exploiterait la flottabilité pour alléger le poids de la pierre lors du transport par voie d’eau. ( Source : Archéologieculture.gouv )
Il est intéressant ici de comparer, dans un contexte plus moderne, le monolithe de Mussolini au Grand Menhir, les deux étant équivalents en termes de poids.
Comparaison avec le monolithe de Mussolini équivalent au grand ménhir brisé
En Haut le monolithe de Mussolini tracté par 72 Boeuf – En bas la traction du monolithe sur route, dans sa cage de transport. Domaine public José Antonio Wikipédia Italien
Cet énorme bloc de marbre de 19,00 × 2,35 × 2,35 mètres a été extrait d’un banc rocheux. Pour protéger ce bloc pendant le transport, cinquante tonnes de solides poutres ont été préparées et disposées autour de lui. La descente sur une pente de 800 mètres depuis la montagne a été réalisée à l’aide d’une méthode spéciale appelée lizzatura, qui consiste à détendre lentement les cordes maintenant le bloc de pierre. Cette technique a permis à l’ensemble, pesant 300 tonnes, comprenant le bloc et son cadre, de glisser sur des planches de bois enduites de savon.
Par la suite, le monolithe a été tiré sur une distance de onze kilomètres jusqu’au port de Marina di Carrara par 36 paires de bœufs. Pour faciliter ce déplacement, 70 000 litres de savon ont été utilisés comme lubrifiant sur les planches de bois. Ce travail de transport a nécessité l’effort de cinquante hommes pendant une période de huit mois.
Les géants d’Egypte : Les Colosses de Memnon 750 tonnes
Les Colosses de Memnon sont deux statues monumentales représentant le pharaon Amenhotep III, situées sur la rive ouest du Nil, en face de la ville moderne de Louxor, en Égypte. Ces statues gigantesques font partie d’un vaste complexe funéraire et temple construit en l’honneur d’Amenhotep III durant le Nouvel Empire, vers 1350 avant J.-C., dans ce qui était autrefois la ville de Thèbes.
Chacune des statues mesure environ 18 mètres de hauteur et est sculptée dans des blocs de quartzite transportés depuis les carrières de Gabal el-Ahmar prêt du Caire.
En haut à gauche Les Colosses de Memnon, Thèbes. (1884) – TIMEA » par auteur inconnu est sous licence CC BY-SA 2.5 – En bas à gauche illustration google map du trajet effectué depuis la carrière Gebel el Ahmar
Poids et transport des colosses de Memnon
Chaque sculpture se compose de deux éléments : un colosse pesant environ 750 tonnes, chacun posé sur un socle de 600 tonnes. La masse totale des Colosses est donc nettement supérieure à celle des obélisques. Malgré cela, les bâtisseurs de l’Antiquité n’ont pas hésité à entreprendre un voyage de 675 km pour transporter ces énormes blocs jusqu’à leur emplacement final.
On pense que les Égyptiens attendaient de réduire ces blocs à leur expression la plus simple, tant en termes de poids que de volume, avant de les déplacer. Cela signifie qu’aucun de ces monolithes n’aurait été sculpté sur son site final ; au contraire, ils auraient été taillés, finis et complétés directement à la carrière.
Bien que le processus précis utilisé pour transporter ces statues soit toujours enveloppé de mystère, la théorie principalement avancée est une traversée sur les eaux du Nil et l’utilisation de traîneaux.
Trilithon et la Pierre de la femme enceinte 1 000 tonnes
Baalbek, connue dans l’Antiquité sous le nom de Héliopolis au Liban est célèbre pour son énorme monolithe connu sous le nom de pierre de la femme enceinte. Ce bloc de pierre fait partie des plus grands monolithes jamais sculptés par l’homme dans l’histoire de l’humanité. Cependant, l’énorme monolithe estimé à 1 000 tonnes n’a jamais quitté la carrière.
Mais restons sur ce site et intéressons nous à une autre prouesse architecturale connue sous le nom de trilithon de Baalbek.
Ce trilithon est composé de trois énormes blocs de pierre alignés, faisant partie du mur de l’acropole du temple de Jupiter. Chacune de ces pierres massives mesure plus de 19 mètres de longueur, avec des variations mineures entre elles : la première mesure environ 19,60 mètres, la seconde 19,30 mètres, et la troisième 19,10 mètres. Elles sont toutes d’une hauteur impressionnante de 4,34 mètres et d’une profondeur de 3,65 mètres.
Poids et transport des pierres du trilithon à Baalbeck
La construction du trilithon de Baalbek représente un des exploits d’ingénierie les plus remarquables de l’Antiquité. Ces trois blocs monumentaux, pesant chacun environ 800 tonnes, sont un témoignage de l’ingéniosité humaine et de la fusion des traditions de construction dans la région, s’inspirant des savoir-faire phéniciens et réalisés sous l’égide des Romains.
Située à 800 mètres de la carrière, la tâche de transporter ces immenses blocs jusqu’au site de construction était colossale. Les bâtisseurs ont dû concevoir une méthode non seulement pour transporter ces énormes pierres sur cette distance mais aussi pour les élever et les positionner à leur emplacement final.
Pour surmonter le premier défi, Jean Pierre Adam, à la tête du Service d’architecture antique du CNRS depuis 1965 propose l’idée qu’une chaussée spécialement aménagée a été construite entre la carrière et le site de construction. Cette chaussée était probablement recouverte de troncs de cèdres, agissant comme des rouleaux, sur lesquels les blocs pouvaient être glissés. Une pente avait été aménagée pour compenser la différence de niveau.
Le chercheur poursuit avec l’idée que des cabestans auraient été utilisés pour le transport des pierres jusqu’à leur emplacement. Ces cabestans, équipés de huit barres, auraient pu accueillir jusqu’à 32 hommes chacun. Selon ses calculs, l’emploi de 16 de ces machines, mobilisant ainsi un total de 512 hommes, aurait facilité le déplacement des pierres du trilithon.
Schéma Jean-Pierre Adam source: Syriah archéologie 1977
Obélisque inachevé d’Assouan 1200 tonnes
L’Obélisque inachevé d’Assouan, situé dans les fameuses carrières de granit d’Assouan en Égypte, est un vestige impressionnant de l’antiquité. Daté d’environ 1450 av. J.-C. et originaire de l’époque du Nouvel Empire, il est associé au règne de la reine Hatchepsout, l’une des rares souveraines de l’histoire égyptienne.
Long de 42 mètres et pesant environ 1 200 tonnes, il aurait été le plus grand obélisque jamais érigé si le projet avait été mené à terme.
Le motif de l’abandon de cet obélisque monumental est attribué à la découverte de fissures dans le granit au cours de sa taille. Ces défauts auraient rendu impossible son achèvement et son transport sans risquer de le briser. Plutôt que de risquer de gaspiller d’immenses efforts et ressources pour extraire un monument potentiellement instable, les bâtisseurs l’ont laissé sur place, où il gît encore aujourd’hui.
« Fichier : GD-EG-Assouan-Obélisque inachevé.JPG » est sous licence CC BY-SA 2.5 .
Cavalier de Bronze et la pierre de tonnerre 1500 tonnes
Le Cavalier de Bronze est une statue monumentale située à Saint-Pétersbourg, en Russie. Cette statue représente le fondateur de la ville, Pierre le Grand, à cheval. Elle a été érigée en 1782 pour célébrer les réalisations de Pierre le Grand et son rôle dans la fondation de Saint-Pétersbourg.
© by James G. Howes, July 28, 1998.
Poids et transport de la pierre du tonnerre
Ce qui rend cette statue particulièrement remarquable, c’est son socle un morceau de granit de 7 mètres de haut sur 14 mètres de long et 9 mètres de large ce qui en fait la plus grosse pierre jamais déplacé par l’homme. Ce projet monumental a été rendu possible par l’ingéniosité de Marin Carburi, un ingénieur militaire clé dans cette entreprise.
Le travail a commencé en décembre 1768, avec l’extraction d’un bloc de roche du sol marécageux en utilisant des grues et des cabestans. Le bloc a ensuite été soigneusement retiré du marais et transporté sur 6 km jusqu’au rivage durant l’hiver, période durant laquelle le sol gelé facilitait le déplacement. Pour cela, un traîneau métallique unique, muni de rails et de sphères en bronze de 13,5 cm de diamètre, a été utilisé, anticipant le principe moderne du roulement à billes. Chaque jour, le rocher progressait d’environ 200 mètres en 4 à 5 heures de travail.
Planches gravées par d’Elvaux et Sellier d’après les dessins de Van Blarenberghe et Fossier. Ouvrage de Marin Carburi
Arrivé au bord de la Neva le 27 mars 1770, après six semaines de voyage, le rocher a été chargé sur une barge. Un môle composé de bois, de terre et de pierres avait été érigé au préalable à l’embouchure de la rivière, renforcé contre les glaces par une palissade, pour avancer le bloc suffisamment dans le fleuve afin d’atteindre la profondeur nécessaire pour le naviguer vers Saint-Pétersbourg.
Le monolithe a ensuite été acheminé par voie fluviale jusqu’à son emplacement définitif en 1770, après un trajet total de 22 km.
Les Mystères derrière les plus gros monolithes et mégalithes
Le déplacement des monolithes les plus imposants continue de susciter une grande fascination. Les méthodes employant des rondins et des traîneaux, bien que rudimentaires, se sont avérées remarquablement efficaces. Comme illustré précédemment, cette stratégie a été adoptée à une époque beaucoup plus récente pour le transport du monolithe de Mussolini.
Cependant, le poids des monolithes n’est pas le seul facteur à prendre en considération ; la nature du terrain joue également un rôle important. La théorie des rondins et des traîneaux peut s’avérer plus problématique dans certains cas. Je pense notamment aux têtes olmèques transportées vers San Lorenzo à travers des zones marécageuses, ou encore aux blocs en forme « H » de Puma Punku . Bien que moins lourds, ces blocs ont été acheminés sur des voies escarpées présentant un dénivelé important et à une altitude élevée, où il n’y a pas d’arbres.
Il est aussi intéressant de s’interroger sur les motivations derrière ces sites mégalithiques.
À Stonehenge, par exemple, pourquoi privilégier des pierres issues d’une carrière située à 125 km de distance alors qu’il en existe une bien plus proche ? En Breatagne, quelle est la raison de transporter un menhir de 300 tonnes au lieu d’en ériger un de 30 tonnes ? Pourquoi le Serrapeum de Saqqarah contient 24 sarcophages de 2.50mètres de haut pour un poids de 70tonnes ? Malgré nos connaissances actuelles, certaines questions demeurent sans réponse.
Un autre exemple déroutant est le site de Göbekli Tepe, datant de 10 000 av. J.-C. Ce temple a provoqué un véritable bouleversement dans le domaine de l’archéologie. Les communautés de cette époque ne disposaient pas de technologies mécaniques avancées telles que la roue ou la poulie. Cependant, l’édification de ce temple monumental a exigé une organisation sociale élaborée, des compétences spécialisées et l’implication de centaines d’individus, ce qui continue d’intriguer la communauté scientifique. À ce jour, il n’y a pas de consensus sur la construction et la fonction des mégalithes de Göbekli Tepe.
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