L’origine de la vie sur Terre constitue l’une des plus grandes énigmes de l’humanité. L’une des solutions pour percer ce secret, passe par la découverte de la vie en dehors de notre planète.

Le XXe siècle a vu se réaliser des progrès inattendus dans la compréhension des mécanismes de fonctionnements des êtres vivants.

Le XXIe siècle quant à lui, devrait commencer à apporter des éléments de réponse sur ces deux questions. L’origine de la vie sur Terre, et l’extension de la vie dans l’univers.

De plus en plus de scientifiques sont convaincus que la vie existe ailleurs dans l’univers.

En 2005, Encelade un satellite de Saturne, a déconcerté les astronomes. À l’aide de la sonde Cassini, les chercheurs ont constaté qu’Encelade, recelaient des composés organiques lourds et complexes.

« Des molécules d’une taille aussi importante peuvent être créées par des processus chimiques complexes, comme ceux associés à la vie, ou venir de matériaux primordiaux contenus dans certaines météorites » Source : NASA

Encelade photographié depuis la sonde Cassini
Photo d’Encelade

De plus en plus d’indices tendent à montrer que la vie est en mesure de se développer au-delà de notre planète.

Face à ces découvertes, peut-on envisager l’idée que l’apparition de la vie sur Terre puisse découler d’une contamination d’origine extraterrestre ?

Mars, un laboratoire pour comprendre l’origine de la vie sur Terre.

Tout a débuté le 20 juillet 1976, ce jour-là les deux sondes vikings de la NASA arrivent sur la planète Mars avec un objectif bien précis, celui de percer le secret de la vie.

rover viking 1
Carl Sagan devant la maquette du rover viking 1 ©NASA

La NASA s’est fondée sur deux présupposés pour mener ces expériences.

Le premier était que, les microbes étant la forme de vie la plus simple et la plus commune sur Terre, ils devaient l’être aussi ailleurs.

Le second partait du principe que s’il existe de la vie microscopique dans les couches intérieures de l’Antarctique, où les conditions sont plus rudes qu’à la surface de Mars, alors il y avait aussi de fortes probabilités de rencontrer de la vie microscopique sur la planète rouge.

Au final, cette mission n’a été ni un succès, ni un échec, car les découvertes continuent à susciter de nos jours, la controverse au sein de la communauté scientifique.

En effet, pour déceler des traces de vie sur la planète Mars, la NASA avait conçu une série de trois expériences différentes.

L’agence avait préalablement indiqué qu’il suffisait que l’une de ces expériences soit concluante pour que l’on puisse affirmer que la vie avait été découverte.

La première fut un échec, la seconde expérience apporta des résultats positifs, ambigus. Mais la troisième expérience menée par Gilbert Levin, donna un résultat positif sans aucune ambiguïté.

L’expérience de Gilbert Levin a permis d’enregistrer une activité chimique traduisant la présence de micro-organismes vivants.

Mais malgré cette découverte, la NASA est revenue sur ses déclarations initiales, et a décidé que les trois expériences devaient avoir des résultats positifs pour affirmer avec certitude la présence de vie sur Mars.

Aujourd’hui encore Gilbert Levin, l’auteure de l’expérience soutient que les rovers vikings ont réellement rencontré de la vie sur Mars.

« La NASA en avait conclu que notre expérience avait seulement identifié une substance mimant la vie, mais pas la vie elle-même.

G. Levin

Cependant, c’est suite aux résultats ambigus des missions vikings, que la NASA s’est rendu compte de l’importance des extrémophiles.

Ces organismes, capables de vivre dans des conditions extrêmes, sont devenus les candidats idéaux dans la recherche de la vie extraterrestre.

Un tardigrade
Le tardigrade peut survivre à des températures extrêmes allant de -272°C à +150°C.

On ne sait pas très bien pourquoi l’évolution a sélectionné des organismes aussi résistants, mais ils nous montrent que la vie est capable de s’adapter à de nombreux environnements.

Une information importante pour les exobiologistes.

L’origine de la vie sur Terre, l’hypothèse de la Panspermie.

À ce jour, nous n’avons toujours pas découvert l’origine de la vie sur Terre. Personne ne sait ni où, ni quand, ni comment la vie est apparue.

Toutefois, une ancienne théorie remontant à l’antiquité, pourrait lever le voile sur le mystère de la vie : La panspermie.

Le terme panspermie, de l’ancien grec panspermia,( pan=tout )et (sperma =la graine) apparait pour la première fois au Ve siècle av. J.-C. dans les écrits d’Anaxagore.

Longtemps délaissée, elle fait un retour sur le devant de la scène et retrouve une certaine popularité au prêt des chercheurs en exobiologie.

La panspermie suggère que la vie ne serait pas apparue sur Terre, mais proviendrait de l’espace et ce serait épanoui sur notre planète. À l’image du vent qui répand les semences des plantes dans la nature, les météorites peuvent répandre la vie sur les planètes.

Les indices les plus convaincants, à l’heure actuelle, en sont la trace d’une forme de vie bactérienne retrouvée sur l’astéroïde ALH84001, mais également sur la météorite de Murchison.

D’autres parts, l’hypothèse de la panspermie permettrait de résoudre l’une des plus grandes énigmes de la biologie « la théorie de l’impératif cosmique ».

On suppose qu’il n’y a eu qu’une seule genèse, la communauté scientifique s’accorde à dire que la vie ne serait apparue qu’une seule fois sur Terre, et ce, dès que les conditions sur notre planète l’ont permis.

Autrement dit, dès que les conditions sont réunies, la vie semble faire son apparition.

La vie, un impératif cosmique ?

Nous avons pour habitude de penser que la formation de la vie est un processus lent, étant donné sa complexité et sa difficulté, mais nous n’avons aucune preuve à cela.

Pour le biologiste belge Christian de Duve, c’est tout le contraire: « La vie est un impératif cosmique. » Selon ce prix Nobel de médecine, partisan du « déterminisme biologique », la naissance du vivant est inscrite dans les lois de la nature.

Selon Christian de Duve, là où existent les conditions pour la vie, elle apparait. Cette idée va à l’encontre d’un processus évolutif lent.

La théorie de l’évolution nous enseigne que toute vie a débuté à partir d’un organisme primitif. Mais elle ne nous dit pas d’où provient cet organisme, ni comment il a été originellement créé.

Qui plus est, en analysant la théorie darwinienne dans une perspective mathématique, on constate que les mécanismes de l’évolution sont trop lents, et qu’en s’en tenant à eux seuls on constate que le temps nécessaire pour créer l’homme depuis que la Terre existe, n’aurait pas été suffisant.

Une minorité de scientifiques considèrent tout de même que la théorie néodarwinienne, bien que correcte est incomplète.

Pour eux, la vie ne se développe pas simplement par le hasard et la sélection naturelle. Il existe d’autres mécanismes à l’œuvre qui indiquent des directions évolutionnistes, comme s’ils obéissaient à un plan préétabli.

Mais qui serait l’architecte de ces plans et ou seraient-ils stockés ?

La panspermie dirigée.

Il y a 3,5 milliards d’années, l’inerte a franchi la barrière du vivant. Et si le mécanisme qui nous a permis de franchir cette barrière découlait d’un acte volontaire ?

Dans les années 1960-70, Carl Sagan, Francis Crick et Leslie Orgel ont proposé l’hypothèse de lapanspermie dirigée, c’est-à-dire l’idée que la vie sur Terre dérive d’un ensemencement intentionnel par une civilisation extraterrestre antérieure.

Selon cette hypothèse, on pourrait implanter des micro-organismes dans des comètes ou des sondes spatiales, les envoyer à travers l’espace, pendant des décennies, voire des siècles, jusqu’à une exoplanète où la vie ne s’est pas encore développée et l’ensemencer.

L’objectif pourrait être simplement l’expansion de la vie, mais aussi la terraformation de la planète, la modification de sa biosphère ou sa future colonisation.

Cette hypothèse n’a rien d’invraisemblable, étant donné que l’humanité elle-même, est désormais capable d’ensemencement cosmique. La simple arrivée d’une sonde mal stérilisée risque d’ensemencer accidentellement, par contamination, la planète de destination. ( La NASA souhaite éviter toute contamination extraterrestre )

Si nous en sommes capables pourquoi cette même méthode, ne pourrait pas être utilisée par une civilisation antérieure à la notre ?

L’astrophysicien le Dr Avi Loeb, avait émis l’hypothèse dans son livre « EXTRATERRESTRE » qu’Oumuamua pourrait être une technologie extraterrestre qui disperse la vie.

Imaginez, par exemple, des voiles solaires équipés de copies d’ADN placées autour d’une étoile qui exploserait un jour, les envoyant sur un flash de lumière à travers la galaxie.

Livre du Dr Avi Loeb sur l'hypothèse extraterrestre d'oumuamua
Livre du Dr Avi Loeb

La panspermie dirigée, n’est pas technologiquement impossible. Le projet Breakthrough Starshot vise à envoyer de minuscules sondes spatiales vers notre système stellaire le plus proche à un cinquième de la vitesse de la lumière, en utilisant des voiles lumineuses propulsées par des lasers terrestres.

Un tel système permettrait à une mission de survol d’atteindre Alpha Centauri dans un peu plus de 20 ans à compter du lancement. (Source: une technologie extraterrestre à l’origine des sursauts radio rapides ?)

Une voile solaire
Voile Solaire

Un code dans l’ADN ?

Bien que l’hypothèse de la panspermie dirigée s’apparente à de la fiction, des scientifiques ont néanmoins pris cette idée au sérieux,  et ont suggéré que la panspermie dirigée pourrait avoir un aspect testable.

Dans une étude intitulé, « Le signal wow du code génétique terrestre » des chercheurs ont suggéré qu’un message intelligent peut-être inséré dans les génomes par les expéditeurs, pour être lu ensuite par des êtres intelligents évoluant (avec un peu de chance) à partir de cet  encensement cosmique.

Le code génétique est presque universel pour toute la vie terrestre, ce qui implique qu’il est inchangé depuis des milliards d’années dans la plupart des lignées.

Les progrès de la biologie synthétique montrent qu’il est possible de réassigner artificiellement les codons. Il n’y a donc rien d’invraisemblable à ce que, si la vie sur Terre a été semée intentionnellement, un message intelligent puisse résider dans son code génétique.

« Nous avons tenté d’aborder le code génétique universel sous cet angle, et nous avons constaté qu’il semble abriter une structure profonde de motifs qui répondent parfaitement aux critères permettant de le considérer comme un artefact informationnel.« 

Le code est une cartographie flexible entre les codons et les acides aminés, et cette flexibilité permet de modifier artificiellement le code. Mais une fois corrigé, le code pourrait rester inchangé sur des échelles de temps cosmologiques. Ainsi, il représente un stockage fiable pour une signature intelligente, si cela est conforme aux exigences biologiques et thermodynamiques.

Comme le scénario réel de l’origine de la vie terrestre est loin d’être établi, la proposition selon laquelle elle aurait pu être semée intentionnellement ne peut être exclue. Un signal statistiquement fort dans le code génétique est alors une conséquence vérifiable d’un tel scénario.

Source : https://arxiv.org/abs/1303.6739

Francis Crick, codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN, pensait que l’éloquence des éléments constitutifs de la vie devait être le résultat de quelque chose de plus qu’une excentricité de la nature.

Grâce à ses recherches novatrices, il fut l’un des premiers hommes à témoigner de la complexité et de la pure beauté de la molécule qui rend toute vie possible.

Plus tard, Francis Crick a mis en jeu sa réputation de scientifique en déclarant publiquement :

« Un honnête homme armé de tout le savoir dont nous disposons actuellement ne pourrait pas aboutir à une autre conclusion : dans un sens, l’origine de la vie apparaît aujourd’hui presque comme un miracle ».

Life itself : its origine and nature

Mais dans le monde scientifique, suggérer que quelque chose d’autre qu’une évolution aléatoire a conduit à notre existence, est équivalent à de l’hérésie.

L’apparition de la vie est inscrite dans les lois de l’univers.

Il est communément admis que l’existence de  la vie, telle que nous la connaissons, serait menacée par la plus petite altération des forces fondamentales.

Le réglage fin de l’univers repose sur la valeur numérique de nombreuses constantes fondamentales de la nature. Or, ces constantes possèdent les valeurs exactes propices à l’apparition de la vie.

Les lois de la physique jouent un rôle beaucoup plus important dans l’évolution des formes biologiques qu’on ne l’imagine généralement.

Le biologiste et mathématicien Stuart Kauffman, suggère que les lois de la physique font émerger naturellement « un ordre spontané » d’ auto-organisation totalement étranger au concept darwiniste de hasard.

« Les sciences émergentes de la complexité commencent à suggérer que l’ordre n’est pas accidentel, qu’il existe de vastes filons d’ordre spontané déterminé par les lois de la complexité, et ce n’est qu’après que la sélection entre en jeu »

Si les lois de la nature encouragent matière et énergie à s’auto-organiser et s’auto complexifier jusqu’au point de faire émerger la vie et la conscience. Nous pourrions nous attendre à ce que la vie existe dans tout l’univers et ne serait pas le fruit d’un accident miraculeux propre à notre planète.